Le bourg de Cuzorn en 1743

Le groupe de recherche historique de l’association culturelle de Cuzorn en place

depuis 3 ans s’est donné pour objectif de chercher tous les éléments pouvant préciser

l’histoire de notre village.

 

Pour ce premier numéro voici le résultat des recherches concernant le bourg, d’après un document fourni par la famille Laymond. 

Il s’agit de l’arpentement du village réalisé en 1743 (sous Louis XV). Nous avons retrouvé des noms de rue et de place

oubliés depuis ce temps et qu’il serait peut être bon de faire revivre. Le plan ci dessous (document non disponible pour l'instant)

reconstitue ces lieux ainsi que les principales habitations.

Le moulin du seigneur ainsi que les fours étaient banaux c’est à dire qu’ils étaient utilisés obligatoirement par tous les habitants moyennant une redevance en nature (blé , orge ou seigle).Cet impôt existait depuis le moyen âge.

 

Il semble qu’il y ait eu deux portes sur la Lémance : La porte de la grande rue que l’on voit actuellement donnant sur la Lémance avec son porche gothique , à laquelle on accédait certainement par un pont et la porte du Sautas "a lane " (certainement porte du saut de l’âne)

qui devait être un accès par gué.

Le bourg était entouré d’un mur .L’entrée sud était appelée" portail de la ville" et se

prolongeait par la rue publique puis rejoignait la rue venant de la porte du Sautas (à lane )

pour former la place de la Tigouse . Il semble qu’il n’y ait pas eu de communication avec la

grande rue car la propriété de Me Jean Escande allait du rocher à la défuite du moulin. Peut

être y avait il un autre passage par la rue du Temple qui se trouve sous l’actuelle route

principale. Il est fait mention d’un ancien temple que l’on pourrait situer près de la

boulangerie .

Nous avons retrouvé les maisons et les terrains ainsi que les noms des propriétaires et parfois

leur profession . En voici la liste et leur situation sur le plan.

1 - Moulin du Seigneur (moulin banal )

3 - Maison de Mr Escourre juge royal

5 - Maison de Mr Bel juge royal

7 - Maison de Escande Fauré forgeron

9 - Maison de Raymond Barriac cloutier

11- Maison de Jean Lavayssière tailleur d’habits

13- Maison de Louis Andrac praticien

15- Maison de Jean Reynal travailleur à Peyrepeau

17- Maison et parties de feu Me Jean Escande

19- Maison des héritiers de Sr Depech Bachel

21- Maison du Sr Barraud

23- Maison de Dalphine Leger

25- Maison de Jeanne Astié

27- Maison de Antoine Laporte

29- Maison de Pierre Escande

31- Maison de Pierre Vignes

33- Maison de Marthe Ginestou

35-Jardin de Bernard Augère

37- Maison de Antoine Delcoustal

2 - Four Banerat (four banal)

4 - Maison de Jean Poumarède notaire royal

6 - Maison de Mr Bel

8 - Maison de Pierre Lagard chirurgien

10- Maison de Jean Sérougne forgeron

12- Maison de François Rigal menuisier

14- Maison de Pierre Espargnac serrurier

16- Maison de Pierre Escande du Pouget

18- Maison de Mathurin Escande travailleur

20- Maison de Jean Andrac

22- Maison de Marguerite Glady

24- Grange de Louis Andrac

26- Maison de Jean Munier

28- Maison de Antoine Laporte (partie sur la rue)

30- Maison de Guillaume Magnac

32- Maison des héritiers de Guillaume Rigal

34- Terrain de Me Escourre

36- Maison de Albert Sirgou

38- Maison jardin étable de Me Jean Escande

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Le petit coin de l’histoire

 

Cuzorn 1693-1696 : Famine due aux intempéries ,sous le règne de Louis XIV.

La correspondance des intendants avec le contrôleur général Pontchartrain pendant ces mois tragiques

montre l'ampleur du désastre. C'est ainsi que Bouville, (intendant du Languedoc),

écrit à Pontchartrain le 20 mai 1694 : « La misère de mon département augmente

tous les jours, et principalement en plusieurs endroits qui sont réduits à manger du

pain de racines qu'ils font broyer après les avoir fait sécher dans le four à plusieurs

reprises » . L'intendant de Montauban écrit ainsi, le 14 avril 1694 : « Le Rouergue,

surtout le canton qui est depuis Villefranche jusqu'à Rodez, n'avait subsisté jusqu'à

présent que par les grains qu'il tirait de l'Albigeois. Depuis peu, il s'est fait des

attroupements en Albigeois pour empêcher ce transport des grains et on a pillé

quelques charrettes qui y étaient employées, en sorte qu'à Rodez et aux environs,

on est à la veille de manquer absolument de blés. » . L'évêque de Montauban écrit

directement à Pontchartrain « Il s'est répandu un bruit, et on commence à en voir

les effets, que le commissaire des vivres de Piémont a permission d'enlever quatre

De 1693-1694 une crise alimentaire toucha

la majeure partie de la France. Elle fut la plus

grave de tout le règne de Louis XIV . La

succession de deux mauvaises récoltes, l'une

très médiocre en 1692, l'autre catastrophique,

en 1693, à la suite de deux étés pourris,

engendra une pénurie de nourriture. Dès

l'automne de 1692, les prix des denrées se mit

à augmenter et ce jusqu'à la récolte de 1694.

Exemples : à Rouen, le setier de froment,

qui valait douze sols au début de 1692, en

valait cinquante en juin 1694 puis retombera à

dix-huit en décembre de la même année; à

Clermont, en Auvergne, le setier de froment

valait vingt livres en novembre 1693, il en

valait trois livres quatre ans plus tôt. C’est

toute la France qui sera frappée .

mille setiers de blé de cette

province, ce qui en a augmenté le

prix si excessivement que les

pauvres ne peuvent plus en

acheter. »

Les progrès de l’agriculture , l’amélioration des moyens de stockage, les

méthodes de conservation des denrées ont évolué au cours du XVIIIe siècle et

jusqu’à nos jours, de telle façon que l’on ne verra plus jamais de temps aussi

dramatique. La famine de 1692-93-94-96 fut bien la dernière à Cuzorn.

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Les registres paroissiaux de Cuzorn

pour cette période, confirment clairement cet

état de fait . A partir de la fin du mois d’août

1692 la courbe des décès s’infléchit

nettement . Du 28 août au 22 septembre il y a

10 décès , du 2 au 28 octobre 14 , de début

novembre jusqu'à mi décembre 10, pour

l’année 1693 il y aura 99 décès et 86 pour

l’année 1694 alors que la moyenne annuelle

pour le XVIIIe siècle est de 18 par ans. Une

analyse plus fine, montre que les plus touchés

furent les enfants de moins de 12 ans ou les

personnes de plus de 50 ans. La population

sera très fragilisé car malgré une meilleure

récolte, il y aura une réplique en 1696

comme l’illustre le graphique ci-dessous (graphique non consultable pour le moment).

Cuzorn : évolution des décés de 1679 à 1722

 

Le petit coin de l’histoire

Au XVIII ième siècle Cuzorn possédait plusieurs lieux de plaisirs, tavernes,

cabarets, où nos ancêtres pouvait oublier quelques instants la dureté de la vie

quotidienne et les contraintes dues aux rigueurs morales entretenues par le clergé de

l’époque. La révolution n’apporta pas de changement dans ce domaine. Bien au

contraire, comme le montre cette série d’arrêtés pris entre 1792 et 1794.

Affiche pour les aubergistes et joueurs pendant les offices divins

« Le dix-septième juin mille sept cent quatre vingt douze dans la maison commune de

CUZORN nous officiers municipaux faisons défense et inhibition au tout aubergiste de notre

commune de donner du vin pendant les offices divins ni aux heures indues sous peine de cinq

livres d'amande pour la première fois et de plus grande peine au cas de récidive, comme aussi

faisons pareillement défense et inhibition

à tout marchand de vendre leur

marchandise dans le cimetière qui entoure

l'église du dit CUZORN. En outre faisons

défense de ne jouer dans les auberges ni

aux approche de l’église à pas une espèce

de jeu pendant les offices divins. Il arrive

qu'on fait mépris de ses défenses et qu'on

joue à toute sorte de jeu et notamment aux

quilles pendant les offices divins à peine

contre les contrevenants de cinq livres

d'amande et aux joueurs dans les auberges

aux approches de l'église d'être punis

de la prison pour vingt quatre heures à

plus grandes peines pour les uns et pour

les autres en cas de récidive fait le jour

mois et an que dessus.

signé : ESCOURRE

HIBERT

officiers municipaux. »

Il semble toute foi que cette disposition n’ait pas eu les résultats escomptés

car un an et demi plus tard l’arrêté suivant fut publié.

Séance du 27 pluviose an 2 ( 15 02 1794) de la république une et indivisible

« L'agent national "près" notre commune ayant fait observé au corps municipal que les

cabarets de la commune étaient remplis dans la nuit de personnes qui n'étaient entraînées que

par un esprit de débauche ou de plus mauvaise intention, ce qui occasionne des disputes et des

"bates" et a requis qu'il faut défendre à tous les cabaretiers de la commune sous peine

d'amandes de ne recevoir aucun citoyen de la commune à l'entrée de la nuit pour leur donner à

boire ou à manger ou à jouer autres espèces

de divertissements. La municipalité au

nombre de sept membres délibérant sur la

dite réquisition de l'agent national prés la

commune considérant qu'il est de son

devoir de veiller la sûreté publique

d'empêcher ce qui pouvaient occasionner

des désordres, arrête les articles suivants :

1° il sera défendu à tout cabaretier

de la commune de donner à boire manger

ou jouer et de fournir leur maison pour

quelque espèce de divertissement dans

aucune heure de la nuit sous peine de cinq

livres d'amande, pour la première fois si

on en trouvait en contravention.

2° de dix livres et de vingt quatre

heures de prison pour récidive.

3° de plus fortes peines et amandes

pour les autres fois, lesquelles seront

réglées par la municipalité.

1° Tout individu de la commune qui s’est trouvé dans les cabarets à l'heure indue sera

de trois livres d'amande. S'il est prouvé qu'il n'a voulu sortir aux instances du cabaretier ou

qu'il ait provoqué du bruit ou des querelles, sera condamné à de plus fortes amandes réglées

par la municipalité.

2° La municipalité se charge de faire des visites de temps en temps et d'y surveiller, et

charge en outre par commission les citoyens ESCANDE G jardinier père et le citoyen Jacques

MAGNAC de surveiller les cabarets qui sont dans le lieu de CUZORN et de dénoncer la

contravention, et charge pour le même objet les citoyens Joseph TESQUET et Jean

DELBREIL par le lieu de TESQUET.

Le présent arrêté sera lu et affiché dans notre maison commune même jour mois et an

que dessus et avons signé : »

BEL maire

AUSTRUY - BLOT - LAGARIGUE - ESCANDE - REYNAL

officiers municipaux

La résistance continua puisque peu de temps après l’agent national faisait

paraître l’injonction suivante :

« En ma qualité d'agent national je requiers aux citoyens officiers municipaux de notre

commune de mettre en exécution la délibération prise entre eux en date du 27 pluviose

dernier, concernant la défense qu'ils font aux cabaretiers attendu qu'il y en a trois qui ne se

sont pas conformés à la dite délibération.

A CUZORN le 9 ventose l'an 2° (27 02 1794) de la république une et indivisible.

ANDRAC agent national. »

Aujourd’hui, il semble que ces arrêtés ne soient plus en vigueur. Alors a votre

santé même aux heures indues !

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